Je suis narcoleptique.

La narcolepsie n'est connue que pour son côté étrangement drôle, et comme toutes les maladies étranges, elle inspire les artistes ou les illuminés qui écrivent, peignent et tournent des films sur le sujet.

Les médecins sont curieux et me posent un tas de questions mais pour le moment, eux, ils ne m'ont apporté que peu de réponses et la plupart par ordonnance médicale.
Mais les illuminés (ou les éclairés pour certains) comme les médecins, savent que derrière tout cela, il y a un autre monde.
Qu'il soit fait de rêves ou d'hallucinations, ce monde ou plutôt ces mondes sont pour moi une part du réel.


lundi 14 novembre 2011

L'ombre dans ma chambre

Il n’attend pas que je me sois endormie pour entrer dans ma chambre. Cet être sombre, que mon père disait être un djin et que je pouvais combattre avec une cuillère, il entre dans ma chambre et rôde autour du lit. Elle est là pour moi mais je ne sais pas ce qu'elle me veut.
Ensuite, quand je ne peux plus me battre, quand je ne peux plus tourner la tête vers lui, que la paralysie du sommeil me fait sa prisonnière, l'ombre s'approche de moi. Elle commence par un souffle, une caresse mais très vite elle m'enserre le cou de sa main puissante. J'étouffe. Elle se couche sur moi, l'ombre est lourde et m'écrase le torse. Je m'enfonce dans les draps, je m'enfonce dans le matelas, je m'enfonce dans le noir. Je m’évanouis.

L'ombre noir. C'est comme ça que je l'appelle, et ce n'est pas un pléonasme, non, car dans mes rêves toutes les ombres ne sont pas noires.

C'est quand j'ai eu treize ans, cette ombre est venue me border au lit pour la première fois, m'étrangler et me briser sous son poids. Mon père avait placé une cuillère sous mon oreiller, pour chasser le Djin qui n'aime pas ça et cloué une toute petite tablette de prière au-dessus de mon lit.

Ma mère pour me rassurer m'avait raconté qu'à l'âge de quatre ans j'avais eu des hallucinations mais que ça n'a pas duré longtemps. Un homme squelette venait me regarder dormir, alors je me levais et allait dormir dans le lit de mes parents où je me sentais en sécurité. En fait, je m'en souviens, mais dans mes souvenirs, l'homme squelette de mes quatre ans n'était pas aussi effrayant que l'ombre qui rôdais maintenant dans ma chambre.

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