Je suis narcoleptique.

La narcolepsie n'est connue que pour son côté étrangement drôle, et comme toutes les maladies étranges, elle inspire les artistes ou les illuminés qui écrivent, peignent et tournent des films sur le sujet.

Les médecins sont curieux et me posent un tas de questions mais pour le moment, eux, ils ne m'ont apporté que peu de réponses et la plupart par ordonnance médicale.
Mais les illuminés (ou les éclairés pour certains) comme les médecins, savent que derrière tout cela, il y a un autre monde.
Qu'il soit fait de rêves ou d'hallucinations, ce monde ou plutôt ces mondes sont pour moi une part du réel.


jeudi 17 novembre 2011

Ego égocentrisme

Dans mes premières années et jusqu'à la naissance de mon petit frère, je pensais être le centre de l'Univers. C'était de l’égocentrisme dans le sens premier du mots: je pensais vraiment être le centre de tout. Pourtant je ne me prenais pas pour Dieu et je n'avais pas comme ambition d'être le maître du monde . Au contraire, j'étais une exploratrice de ce monde qui se créait chaque jour autour de moi.
Ce que je croyais, c'était que Dieu, car je savais déjà qu'il était là, avait construit un monde pour moi, comme des parents qui attendent un enfants, lui prépare une chambre. Que les gens, même si qui m'étaient proche et que j'aimais, étaient là parce qu'il avaient un rôle à jouer dans ma vie. Comme des marionnettes qui auraient été placés là pour habiter et animer mon monde, elle n'avaient pas d'autre vie que celle que je leur connaissais. Et dans ce monde là, les choses n'existaient que quand elle étaient vues, entendues ou pensées par moi. Et si je ne pouvais pas voir à travers un mur ou derrière une montagne, c'est que rien n'existait au delà.
Les familles de la petite maison de la prairie, la dame du journal télévisé, les minuscules joueurs de football,... tous ces gens n'avaient pas d'autre vie que celle de la télévision.
Un jour, mon père a ramené ma mére de l'hôpital, où elle devait mettre son sixième et dernier enfant au monde, dans mon monde. Quand ils sont rentrés à la maison, ils avaient l'air heureux. Mon père a posé le couffin en osier qu'il portait sur la table du salon. On s'est tous penché au dessus. Sous la couverture de laine, c'était mon petit frère. Il avait une grosse tête, et des mains encore fripées. Je n'était pas fille unique, et j'avais déjà une petite sœur, mais ce nourrisson prenait tout à coup une place au milieu du milieu de mon Univers.
Je n'étais donc pas le centre de tout, je n'étais que le centre de ma pensée. Malgré mon jeune âge, cette prise de conscience ne m'a pas du tout contrarié, au contraire, elle m'a rassurée.
Plus tard j'en ai parlé à mon cousin, et il m'a avoué que son premier regard sur le monde avait été le même.

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