Je suis narcoleptique.

La narcolepsie n'est connue que pour son côté étrangement drôle, et comme toutes les maladies étranges, elle inspire les artistes ou les illuminés qui écrivent, peignent et tournent des films sur le sujet.

Les médecins sont curieux et me posent un tas de questions mais pour le moment, eux, ils ne m'ont apporté que peu de réponses et la plupart par ordonnance médicale.
Mais les illuminés (ou les éclairés pour certains) comme les médecins, savent que derrière tout cela, il y a un autre monde.
Qu'il soit fait de rêves ou d'hallucinations, ce monde ou plutôt ces mondes sont pour moi une part du réel.


lundi 21 novembre 2011

Tu m'écoutes?

« oui, oui, je t'écoute... »
Ce n'est pas vrai, et si je l'entends, je ne l'écoute plus, car mon esprit est ailleurs. Je me concentre, et si je peux comprendre les premiers mots, les suivants s'enfoncent dans le brouillards. Elle me fixe, elle ne parle plus. « Tu ne m'écoutes pas.» Elle est vexée maintenant. « Tu ne m'écoutes pas, tu t'endors » 
Je pensais faire illusion, alors que je m'étais endormie, j'avais fermée les yeux et elle avait attendue que je les ouvre pour me le faire remarquer.  
Je ne comprenais pas que je puisse m'endormir en pleine conversation, alors que je n'étais pas fatiguée. D'ailleurs, je reprenais la conversation, en prenant le risque de m'endormir à nouveau. C'était déroutant pour moi comme pour mon interlocuteur. 
Les réunions de travail était un calvaire, et mes collègues imaginaient très vite que derrières ses siestes se cachait une vie nocturne très animée. Je n'avais pas de diagnostique, et de longues explications sur l'état de mon sommeil auraient alimentés les ragots, en plus d'imaginer que je sortais tous les soirs, ils auraient pensé que j'étais sous l'influence de drogues.
Maintenant, je ne prends même plus la peine de m'excuser, et les gens qui savent pour la narcolepsie ne prennent plus la peine de se vexer.

jeudi 17 novembre 2011

Diagnostique

La première fois que j'ai entendu parler de naroclepsie c'était à la sortie du film « Narco ». Mon frèri avait vu le film et avait tout de suite fait le lien entre mes siestes et celles du héros. Il m'a tendu le dvd en insistant pour que je le visionne, mais je ne l'ai fait que quelques mois plus tard. Il répétait « Tu es narco, j'en suis sûr ». Je ne l'ai pas pris au sérieux et même après avoir vu le film, qui était très bien fait d'ailleurs, je ne me sentais toujours pas concernée par cette drôle de maladie.
Le héros narcoleptique et malchanceux, s'endormait au volant. J'avoue que moi aussi je m'endormais dés que je mettais le pied dans une voiture, un bus ou un train, et alors? La différence c'était que le Héros s'endormait à table, lui, et tombait la tête dans son assiette.
Mon frère voyait aussi un lien au niveau de la passion du héros pour le dessin, et le fait qu'il puisait son inspiration dans ses rêves. Moi aussi je me levais pour dessiner en pleine nuit, de peur d'oublier les merveilles que je venais de voir mais comme un tas de peintres le font depuis des siècles, et ils ne sont pas tous narcoleptiques.
Je pense que c'est à cause de son côté « tête à claque » que je ne voulais pas m'identifier au personnage. Aujourd'hui, je réalise que j'ai été idiote de ne pas avoir fait le rapprochement, et d'avoir vulu croire aux théories alambiquées des médecins que j'allais consulter.
Mon frère n'avait pas eu besoin d'électrode pour être convaincu que j'étais bel et bien narcoleptique. Ce n'est que cinq années plus tard que Le professeur Van Red m'a appris que j'étais narcoleptique. J'ai tout de suite repassé le film dans ma tête, et pensé à mon frère qui disait « tu es narcoleptique, je le sais ».

Les grosses bestioles

Chargées de nos sac à dos et d'une bonne dose d'insouciance, ma cousine et moi, nous avons pris le train pour Marrakech. C'était en plein mois de juillet et il faisait chaud. Nous avions trouvé une chambre dans un hôtel qui ne figurait pas au Routard mais qui était très bien placé.
Il faisait chaud, et si je le répète c'est parce qu'il faisait vraiment très chaud. Tout le monde faisait une sieste à l'heure où le soleil était trop haut dans le ciel et les ombres trop petites.
C'est durant l'une de ces sieste que j'ai, encore une fois, réveillé ma cousine par mes gémissements. C'est elle qui m'a dit que j'avais gémis, alors que moi, je pensais avoir crier.
Elle se penche sur moi, inquiète mais pas tout à fait surprise car ce n'était pas la première fois qu'elle assistait à l'un de mes rêves éveillés. Je lui dis que je vois des bêtes au plafonds, et que si on ne les chasse pas, elles vont descendre. Je voudrais les chasser, ou m'enfuir, mais je suis paralysée de peur. Les bêtes, qui ressemblent à de gros insectes visqueux descendent lentement le long du mur, elles se rapprochent du lit où je suis couchée. Elles montent sur lit, elles vont enfoncée leur pattes dans ma chaire...
Elle me secoue. Ma cousine me secoue. Je me réveille. Je suis sauvée.

Cauchemars et cinéma

C'est troublant de retrouver une scène de ses propres rêves au cinéma surtout quand il s'agit de cauchemars qui nous a traumatisé. C'est pour cette raison que J'évite de regarder des films d'horreur, mais il arrive que le téléfilm du dimanche soir réveillent des angoisses plus profondes que "Freddy: Les griffes de la nuit" ou "l'exorcisme".
Je me retrouve aussi dans des scènes de films fantastiques, qui semble avoir été écrites sous les effets de champignons hallucinogènes. Comme cette fameuse scène du film « Matrix », où le héros vit une expérience très spéciale. Il pose la main sur un miroir, la surface du miroir se liquéfie pour couler le long de son bras et devient une sorte de mercure tellement froid que le héros en souffre.
Cette sensation m'est familière, et bien que j'y sois sujette depuis plus de quinze ans, ça me surprends à chaque fois. Ce type d'hallucination arrive le plus souvent en pleine lumière, au cours d'un endormissement ou d'un réveil de sieste.
Ce n'est pas le même scénario à chaque fois, il y a les jours où les murs de la pièce semble fondre comme s'ils étaient en cire de bougie, mais le mur se reconstruit à la même vitesse qu'il ne fond et les coulées disparaissent. Il arrive que le mur soit une sorte de surface d'étang ou je trempe le bout du doigt ou encore une sorte de toile sur laquelle ruisselle une eau de plus en plus abondante.
Attirée par la magie de la matière, je caresse le mur qui ruisselle sans pouvoir retenir le liquide qui fuit entre mes doigt, et disparaît sous le lit ou prends peu à peu la texture du sable.
C'est très agréable, mais Il arrive que ça tourne mal. J'étais couché, admirant les lumière qui se reflétait dans le ruissellement, la main contre le mur quand une créatures est apparu dans les sillons. J'étais pétrifiée, la créature que je ne peux pas décrire, se penchent sur moi. Ça ne dure que qu'une secondes et elle disparait comme un poignée de sable jeté dans un courant d'air. Elle n'est plus là mais je peux encore sentir son souffle sur mon visage.
Il est arrivé que cette même créature, reste à m'observer, assise dans l'angle que forment les murs et le plafonds. Elle a une forme humaine, parfois même celle d'un enfant malade, recroquevillée, et nue, avec des membres flasques et une peau visqueuse.
Comme je le disais, j'évite de regarder des films d'horreur, mais ça ne m'empêche pas d'en vivre.

Ego égocentrisme

Dans mes premières années et jusqu'à la naissance de mon petit frère, je pensais être le centre de l'Univers. C'était de l’égocentrisme dans le sens premier du mots: je pensais vraiment être le centre de tout. Pourtant je ne me prenais pas pour Dieu et je n'avais pas comme ambition d'être le maître du monde . Au contraire, j'étais une exploratrice de ce monde qui se créait chaque jour autour de moi.
Ce que je croyais, c'était que Dieu, car je savais déjà qu'il était là, avait construit un monde pour moi, comme des parents qui attendent un enfants, lui prépare une chambre. Que les gens, même si qui m'étaient proche et que j'aimais, étaient là parce qu'il avaient un rôle à jouer dans ma vie. Comme des marionnettes qui auraient été placés là pour habiter et animer mon monde, elle n'avaient pas d'autre vie que celle que je leur connaissais. Et dans ce monde là, les choses n'existaient que quand elle étaient vues, entendues ou pensées par moi. Et si je ne pouvais pas voir à travers un mur ou derrière une montagne, c'est que rien n'existait au delà.
Les familles de la petite maison de la prairie, la dame du journal télévisé, les minuscules joueurs de football,... tous ces gens n'avaient pas d'autre vie que celle de la télévision.
Un jour, mon père a ramené ma mére de l'hôpital, où elle devait mettre son sixième et dernier enfant au monde, dans mon monde. Quand ils sont rentrés à la maison, ils avaient l'air heureux. Mon père a posé le couffin en osier qu'il portait sur la table du salon. On s'est tous penché au dessus. Sous la couverture de laine, c'était mon petit frère. Il avait une grosse tête, et des mains encore fripées. Je n'était pas fille unique, et j'avais déjà une petite sœur, mais ce nourrisson prenait tout à coup une place au milieu du milieu de mon Univers.
Je n'étais donc pas le centre de tout, je n'étais que le centre de ma pensée. Malgré mon jeune âge, cette prise de conscience ne m'a pas du tout contrarié, au contraire, elle m'a rassurée.
Plus tard j'en ai parlé à mon cousin, et il m'a avoué que son premier regard sur le monde avait été le même.

La réalité des rêves

Comme tout le monde, il m'arrive de rêver et de m'en rendre compte. Alors je m'arrêtes un instant, je regarde autour de moi et réalise que ce qui m'arrive n'est pas « possible » même si je ressens les choses aussi intensément, parfois même plus, que dans ce monde-ci.
C'est là que ce trouve la différence entre le possible et le réel. Voler comme un oiseau, n'est pas possible pour l'homme, pas dans ce monde-ci mais voler dans un rêve c'est bien réel parce que les sensations le sont et le souvenirs qu'on en garde l'est aussi. Tous ces évènements même s'ils sont rêvés, font partie de notre vécu, et tiennent une place importante dans la construction du « moi ».
Combien de fois, ne me suis-je pas réveiller les larmes aux yeux? Combien de fois n'ai-je pas été réveillé par le son de mes propres éclats de rire? Et toute ces pensées, ces réflexions, ces rencontres qui m'ont aidé à faire des choix?Tout cela est réel.

Les voix trop lourdes

C'était en été, l'été 2007, le plus triste de ma vie mais je ne le réalisais pas vraiment. Un été qui comme un film qui ne m'intéresse pas, se déroule et ne laisse que peu de souvenirs.
Pourtant l'été au Maroc, c'était ce que j'aimais le plus, mais mon frère n'était plus là, et donc l'été ne serait plus jamais l'été.
Nous étions à Tanger, ma cousine et moi, dans la vieille maison de ma grand-mère. La nuit, nous dormions dans le salon marocain. Ce soir là, nous ne savions toujours pas que nous étions narcoleptiques. Nous étions à peine couchées, les stores légèrement ouverts, de manière à ne pas être plongées dans une obscurité propice aux visiteurs que j'ai eu l'impression de m'enfoncer dans le matelas.
Elle me parlait, et moi je croyais l'écouter mais à sa voix se sont ajouter d'autres voix. Comme une communication téléphonique où les lignes auraient été emmêlées par une opératrice complétement dépassée. De plus en plus de voix dans ma tête. Je gémis, ma cousine se penche sur moi, elle me parle. J'arrive à peine à lui répondre « ma tête, les voix dans ma tête » Les voix, elles étaient de plus en plus nombreuses, et j'avais l'impression d'être sur le réseau de communication mondial maintenant.
« Il y a trop de connections dans ma tête, ils communiques tous à la fois » c'est ce que je luis ai dis, mais ça c'est elle qui s'en souviens, car après ça, elle m'a secouée et je me suis enfin réveillée.

mercredi 16 novembre 2011

Mourir de bonheur

Une nuit, j'ai failli mourir de bonheur. Il était là, devant moi, silencieux et souriant. Il rayonnait comme un être céleste, mais en toute modestie, habillé d'un simple pantalon de toile et d'un t-shirt blanc, son T-shirt blanc. Il s'est avancé vers moi, lentement, et quand il a mis son bras autour de moi, comme il le faisait pour me rassurer ou me calmer, c'était comme s'il n'était jamais partis.
On s'est promené, mais personne, à part moi, ne pouvait le voir. Je pouvais reconnaitre l'odeur de sa peau, de ses cheveux, le timbre de sa voix. On riait, comme si on était encore des enfants. Je lui ai dis que je voulais rester avec lui mais il a répondu que je ne pouvais pas, qu'il m'attendrait et que je ne devais pas m'inquiéter.
J'étais heureuse, trés heureuse, trop heureuse.  Il faisait beau. Nous étions conscient de n'être que dans un rêve, mais nous savions aussi que nous étions là tous les deux, et ça c'était réel.
Mon coeur s'emballait, comme si ce bonheur n'était pas de ce monde, et que mes organes ne pouvaient le supporter. Je lui ai dis "mon coeur va exploser de bonheur" et je l'ai serré contre moi.
Quand j'ai ouvert les bras, il était encore là mais il n'avait plus 25 ans, c'était un petit garçon maintenant.
Il s'est alors éloigné, en me souriant, et j'ai du laisser partir mon frère.

mardi 15 novembre 2011

Le Horla

Comme je vous l'ai raconté, toute mon adolescence, j'ai partagé ma chambre avec une ombre.  Je devais avoir seize ans quand j'ai lu "le Horla" et je me suis sentie proche du héros par ces effrayantes visites nocturnes que nous recevions/avions  tous les deux.
L'année scolaire débutait, et à chaque année scolaire, une nouvelle liste de lecture.  Le livre "Le Horla" revenait dans chacune d'elle.  J'avais toujours pensé que "le Horla" était l'histoire d'un type qui  s'évadait de prison et que ça ne devait pas être mon genre de lecture.  Je dois avouer que ce qui m'a poussé à le lire, c'était plus la faible épaisseur du bouquin que le titre ou la renommée de l'auteur. J'avais déjà du mal à ne pas m'endormir sur mes cahiers, je n'allais pas en plus me mettre à lire « Cent Ans de Solitude ».
Mais la lecture de ce livre m'a complétement chamboulé. Cet homme, qui parait sain d'esprit, réalise qu'une ombre se glisse dans sa chambre la nuit, il tente de la chasser pour revenir à la vie paisible qu'il menait avant cette intrusion.
Après lecture, je fais ma dissertation mon résumé ?, persuadé d'avoir bien compris le "message" du livre, comme disent les profs.  Mais Mme Noël a un autre avis, d'après elle, le héros n'est pas un homme sain d'esprit, l'ombre est le fruit de son imagination, et la folie va le pousser à faire une chose horrible: mettre le feu à sa maison, avec le personnel de maison dedans.
Moi, je n'ai pas lu le livre avec le même regard. Je partageais aussi ma chambre avec une ombre pernicieuse, elle me pourrissait mes nuits depuis quelques années déjà et pourtant je n'avais pas mis le feu à la maison. Alors, quand, dans une histoire, un type se fait pourrir la vie par une ombre, je n'y vois pas de folie et je trouve idiot de sa part de croire que le feu pouvait tuer cette créature. Le pire c'est qu'à la fin on se demande encore si l'ombre n'était pas sortie de la maison.
Et d'autres questions sont possibles. Si l'ombre n'est pas réelle, pourquoi l'incendie le serait? Et puis on est libre de voir ce qu'on veut dans ce qu'on lit, non?

Narcopolis

Dans mon rêve il y a cette grande ville, qui comme une Venise est construite au bord de l'eau. Cette ville n'a pas de nom, mais pour le différencier des autres, je vais la nommer Narcopolis.
A Narcopolis, il y a ma maison, ma famille, mes amis, mon école,... Même si ce monde ne ressemble pas à celui-ci, j'y retrouve toujours les gens que j'aime.
Même s'il arrive que dans d'autres rêves très nostalgiques je retrouve la maison de mon enfance, celle de Narcopolis est différente. C'est une étrange tour de Babel faites par l'empilement de plusieurs maisons, de grandes terrasses et de jardins suspendus. A l'intérieur, il y a une grande cour à ciel ouvert ou l'on peut choisir son escalier.
Quand on monte, on peut voir à travers les loggias et les mezzanines, que les pièces sont toutes différentes, et desservies par des portes trop petites ou trop grandes.
J'y vis avec toute ma famille, pas seulement mes parents, mes frères et mes sœurs, il y a aussi mes cousins, ma grand-mère, mes tantes,... et des amis proches.
Notre maison, bien qu'envahie par des plantes sauvages, se trouve au milieu de la ville.
Narcopolis est une ville de vestiges et de monuments, de places et de palais, de parcs ou les animaux se promènent librement. Au milieu de l'îlot de mon école, quand on la traverse par le grand hall de l'entrée et la cour, on arrive devant une porte imposante qui s'ouvre sur un site très mystérieux mais ouvert à tous. C'est un sanctuaire, où se mêle ruines moyenâgeuses et monuments romanesques.

A Narcopolis, il y a aussi la mer, et il suffit de traverser le parc pour avoir les pieds dans l'eau. Les toutes petites vagues s'écrasent silencieusement sur la pelouse verte car il n'y a pas de plage de sable à Narcolands.
Je me promène souvent sur cette plage de verdure, et pour rentrer, je connais bien le chemin. Il me suffit d'aller attendre le tram à l'arrêt habituel, il se trouve sur un îlot au milieu des rochers.

Le visiteur

En 2001, j'avais emménage dans un petit studio, à deux pas de mon boulot, histoire de ne pas devoir me lever trop tôt. A cette époque, je ne savais pas que j'étais narcoleptique.
La chambre était un bel espace, avec parquet et cheminée à l'ancienne. J'avais pris l'habitude de placer mon lit dans le coin le plus sécurisant de la pièce (ce que certains appellent Fung Shui), c'est-à-dire contre un mur et de manière à garder un œil sur la porte et les fenêtres.
Je m'enroule dans l'édredon, et me prépare à me livrer à un sommeil consentant jusqu’à ce que je ressente une présence au pied de mon lit. C'était ma mère. Elle me souriait et ce sourire voulait dire "je veille sur ton sommeil, rendors-toi"

J'étais d'abord rassurée, ensuite comme je réalisais que ma mère ne pouvait pas être dans ma chambre, que c'était impossible car elle n'aurait pas su rentrer chez moi sans avoir les clés de mon appartement. Mais j'ai pensé, qu'elle soit réelle ou pas, c'est ma mère qui est là, assise au coin du lit, souriante et apaisante.
Alors j'ai refermé les yeux et je me suis endormie dans l'endroit le plus sécurisé du monde

Les enfants de Narcolands

Je peux sentir la lumière du jour se glisser sous mes paupières. Je les soulève légèrement mais tout est encore flou. Je referme les yeux et encore une fois je m'endors.
Je me suis endormie dans le canapé mais je ne m'en rends compte qu'au réveil. Ce réveil n'a pas de fin, car chaque effort que je fais pour tenir mon esprit éveillé m'emmène subtilement vers un nouveau sommeil.

J'ouvre les yeux, car cette fois j'ai entendus des chuchotement, la-bas dans la chambre. Je veux me lever mais mon corps est encore trop lourd. Ces chuchotement, ce sont ceux des enfants, ils s'amusent et pouffent de rire. Des enfants mais lesquels? J'étais seul dans l'appartement quand je me suis endormie.
Ce son maintenant des éclats de rire, ils sont heureux et je les entends leurs petits pas, je les entends courir maintenant, ils sortent de la chambre.
Comme les enfants semblent se rapprocher, j'ouvre les yeux pour les accueillir, mais je ne les vois pas. Les enfants courent, je les entends sans les voir, ils se jette vers moi et je sens chacune de leur petite main s'écraser sur mon torse. Ensuite la masse invisible se tait, et comme un courant d'air violent qui se serait écrasé sur ma poitrine, il s'éteint et laisse place au silence.

Je suis seule maintenant, assise sur le canapé, ahurie mais bien réveillée. Mais à quel moment je me suis réveillée?

Voyage de lumière

Je suis couchée, je pense à m'endormir, où alors je dors déjà? Non, je peux encore lever la tête et allumer ma petite veilleuse (j'ai peur du noir) donc je ne dors pas. Je me recouche à peine, que mon corps se remplit, en une fraction de seconde d'une énergie insoutenable pour mon corps. C'est d'abord douloureux, j'ai la sensation de brûler de l'intérieur, et mon cœur n'arrive plus à suivre, je vais faire une crise cardiaque.
Ensuite le fluide qui s'est déversé dans tout mon corps devient mon corps, et comme une lumière céleste, l’énergie qui est trop grande pour être contenue par une enveloppe charnelle, rayonne au bout de mes doigts, de mes pieds, par jets puissants et ça m'oblige à me tendre de tout mon long.
Pourtant si lourd, mon corps se soulève à quelques centimètres du lit, il est en lévitation au-dessus de tout ce qui est matière. Le voyage va commencer.
A une vitesse inimaginable, certainement celle de la lumière, je frôle le sol, dont les détails ne m'apparaissent que comme des lignes de couleurs. Je parcours des kilomètres et ma frayeur devient une jouissance incomparable à tout ce que je connais. Je me battais pour ne pas être envahie mais maintenant je suis libérée de mon corps, je voyage au-dessus de tout.
A un moment, la course ralentie, et je peux voir le monde et redescendre au moment où je le désire pour mettre fin au voyage.

lundi 14 novembre 2011

Des chiens narcoleptiques?

Selon le site "http://www.doctissimo.fr", où j'ai trouvé cet article plutôt amusant, la narcolepsie ne concerne pas que les humains.

Les études sur les "dodobermans"… 

"Pour trouver l’origine de la maladie, les chercheurs ont étudié la seule race de chiens touchée : le doberman. En effet, les scientifiques de l’Université de Stanford (USA) possèdent quelques toutous souffrant de narcolepsie. Dès qu’on leur donne un morceau de viande, ceux-ci s’écroulent ! En 1999, les scientifiques ont découvert que ces animaux possédaient une mutation génétique : le récepteur dans le cerveau d’une hormone particulière, l’hypocrétine, ne fonctionnait pas. Cette hormone également appelée aurexine était déjà connue dans les mécanismes de l’appétit. Chez les patients narcoleptiques, on a vu que ce n’était pas le récepteur qui était défectueux, mais l’hormone qui était absente. Or cette substance est indispensable pour nous maintenir éveillés."

L'ombre dans ma chambre

Il n’attend pas que je me sois endormie pour entrer dans ma chambre. Cet être sombre, que mon père disait être un djin et que je pouvais combattre avec une cuillère, il entre dans ma chambre et rôde autour du lit. Elle est là pour moi mais je ne sais pas ce qu'elle me veut.
Ensuite, quand je ne peux plus me battre, quand je ne peux plus tourner la tête vers lui, que la paralysie du sommeil me fait sa prisonnière, l'ombre s'approche de moi. Elle commence par un souffle, une caresse mais très vite elle m'enserre le cou de sa main puissante. J'étouffe. Elle se couche sur moi, l'ombre est lourde et m'écrase le torse. Je m'enfonce dans les draps, je m'enfonce dans le matelas, je m'enfonce dans le noir. Je m’évanouis.

L'ombre noir. C'est comme ça que je l'appelle, et ce n'est pas un pléonasme, non, car dans mes rêves toutes les ombres ne sont pas noires.

C'est quand j'ai eu treize ans, cette ombre est venue me border au lit pour la première fois, m'étrangler et me briser sous son poids. Mon père avait placé une cuillère sous mon oreiller, pour chasser le Djin qui n'aime pas ça et cloué une toute petite tablette de prière au-dessus de mon lit.

Ma mère pour me rassurer m'avait raconté qu'à l'âge de quatre ans j'avais eu des hallucinations mais que ça n'a pas duré longtemps. Un homme squelette venait me regarder dormir, alors je me levais et allait dormir dans le lit de mes parents où je me sentais en sécurité. En fait, je m'en souviens, mais dans mes souvenirs, l'homme squelette de mes quatre ans n'était pas aussi effrayant que l'ombre qui rôdais maintenant dans ma chambre.

Les portes de Narcolands

Narcolands, ce sont tous ces endroits rêvés ou a moitié réels dans lesquels je suis allée.
Je sais que la narcolepsie est définie comme une maladie par les médecins et tous les dictionnaires, mais d'après mon vécue, je peux dire que c'est aussi une porte ouverte sur un autre monde. Certains doivent penser "mais qu'est-ce qu'elle fume celle là?". Non, je vous rassure (ou pas) mais n'ai jamais pris de drogues, je ne bois pas d'alcool et je ne fume pas. Pas même de cigarettes mentholées.


Non, je pense juste que, même si cela doit être expliqué scientifiquement, la narcolepsie quand elle est acceptée et qu'on en fait une partie de soi, devient une sorte de porte, ou plutôt une clé qui ouvre une infinité de porte.


Si je peux voir les choses comme ça, c'est sans doute parce que je ne suis pas de ces narcoleptique qui tombent trois fois par jour, et que mon entourage a accepté mon drôle de comportement avant même que les médecins n'aient mis un nom sur la maladie.


Bien que j'ai eu la chance de ne pas tomber trop souvent, j'ai quand même développé la panoplie complète du narcoleptique, ou ce que les neurologues appellent la triade: le premier symptôme est le sommeil irrépressible (commun à tous les narcoleptiques), ensuite il y a la cataplexie (perte du tonus musculaire qui provoque le badaboum), il y a aussi l'effrayante paralysie du sommeil et les étranges hallucinations hypnagogiques.


Ce sont ces hallucinations, qui sont en fait des rêves éveillées, et l'hypersensibilité provoqué par la narcolepsie qui me permettent de voyager à Narcolands.
En effet, mon médecin (neurologue et psychiatre spécialisé dans les maladie du sommeil) m'a confirmé qu'un narcoleptique va ressentir les sensations du rêves comme si elles étaient réelles, et que ses hallucinations ne sont pas seulement visuelles mais stimulent tous les sens.